Rotary Club de Paris : Le premier club français

 Des origines jusqu’à la deuxième guerre mondiale

La “préhistoire” du Club de Paris a commencé avec la prospection entreprise dès 1913 par le rotarien américain Franck L. Mulholland de concert avec l’anglais Thomas Stephenson en vue de constituer un Club en France et ceci avec le soutien du fondateur Paul Harris
...

...Ces premiers contacts ont été interrompus par la première guerre mondiale. 
Mais l'arrivée des forces américaines en France avec de nombreux officiers membres de clubs américains a donné une nouvelle opportunité. 
A l’armistice, en 1918, un “Club des Alliés” fut créé en France pour permettre aux rotariens des Forces armées de se retrouver à l’hôtel Continental.

1921, deux ans après l'armistice, à la fin de l'épidémie de grippe dite "espagnole", se révèle une année décevante pour les pacifistes et ceux qui voulaient que la première guerre mondiale soit "la der des der". En effet, dans l'est de l'Europe (en Pologne, en Hongrie, dans la nouvelle URSS), en Asie (ex-Empire Ottoman) la guerre continue...L'idéal de Paix reste donc bien primordial… Cet idéal de Paix par la compréhension entre les peuples trouvait alors un écho favorable et rencontrait en France un fort courant pacifiste, notamment auprès de ceux  qui avaient souffert de la guerre ou en avait vu les effets dans les hôpitaux. 

D'autre part, les échanges commerciaux favorables à la négociation entre des partenaires du monde entier ont parallèlement permis des rencontres concrètes et amicales entre les alliés.

La remise de la charte au Club de Paris, déjà le 905ème dans la série, se fit officiellement et solennellement le 1er Avril 1921, suivie de festivités (invitation de tous les rotariens réunis alors à la convention internationale d'Edinburgh) telles qu’elles faillirent en coûter au Club sa survie financière. Mais très vite de nouveaux membres furent admis. 

L’effectif dépassait 40 membres en 1922 pour atteindre les 185 membres en 1939.

Les 16 membres fondateurs ont été :
  • Président Gabriel GORCE, 1863-1929, éditeur, 19 rue La Fayette, Paris 9e.
  • Secrétaire Charles WACHTER, 1886-1962, directeur-propriétaire du Grand Hôtel du Pavillon, 36-38 rue de l’Echiquier, Paris 10e, 1937.   
  • Bernard SCHRÖDER, 1891-1974, dentiste, 5 place du Théâtre Français, Paris 1er.
  • Dentiste diplômé Jacques C. DEMARQUETTE, 1888-1969, 6 rue de Port-Mahon, Paris 2e.
  • Dentiste diplômé de l’Université de Pennsylvanie Henry GEAY, représentant de Felt & Tarrant Mfg. Co., Chicago, 9 avenue de l’Opéra, Paris 1er (machines de bureau).
  • Antonie VONK, directeur de la firme Gustave DYCKHOFF, importation de charbon, 31 rue Lafayette, Paris 9e.
  • William Thallon DAUS, 1891-1953, directeur de la société «General Auto Confort», location de limousines de luxe, 4 place Vendôme.
  • Thomas R. COX, directeur de Hardware Export and Import. Co., 54 avenue Secrétan, Paris 19e (outillage pour le travail des tubes» et en «robinetterie à vapeur Belfield).
  • Jean A. PICARD, Représentant de National Cash Register Co. (NCR), 119 rue Réaumur, Paris 2e, fabricant de caisses enregistreuses.
  • Paul Jean SALEN, 1891-1983, directeur de la société Salen & Schröder, 9 Cité Rougemont, Paris 9e.
  • Pierre CAFEL,1893-1951, tailleur, 7 avenue de l’Opéra, Paris 1er, adresse des CAFEL tailleurs de père en fils.
  • H. Cleveland REYNOLDS, directeur de Société anonyme des Etablissements Herbert Morris, 26 rue Cadet, Paris 9e, filiale française de Herbert Morris Ltd.(palans et engins de levage industriels.
  • Louis P. HALL Jr, directeur de Compagnie Case de France, 251-253 Faubourg Saint-Martin, Paris 10e, filiale française de J.I. Case Threshing Machine Company, Racine (Wisconsin), producteur réputé de machines agricoles (batteuses, tracteurs, presses à fourrage).
  • G. J. THOMPSON, représentant de American Insulating Machinery Co. Philadelphia, 10 rue de Bruxelles, Paris 9e, fabricant de machines à bobiner et isoler des fils et câbles métalliques.
  • Richard WALLER, ingénieur électricien, 32 rue Vineuse, Paris 16e. Au 67 rue Dareau, Paris 14e, il est à la tête d’une agence d’assistance aux businessmen anglo-saxons pour s’installer en France. George Kenneth END, 24 rue Taitbout, Paris 9e, représentant de Newport Rolling Mill Co., Newport Kentucky, producteur de tôles d’acier et tôles galvanisées.

Le Rotary Club de Paris a rapidement essaimé, parrainant successivement à partir de 1923 les Clubs de Lyon, Toulouse, puis Nice, Vichy, Angers, Marseille, Lille, Perpignan, Dijon, Saint Raphaël, Tours, Clermont-Ferrand, Reims,  et aussi Zurich et Bruxelles. Dès 1928, des contacts étaient pris par Paris avec des égyptiens pour la création du Club du Caire. 

En 1924, le Club de Paris éditait une “lettre hebdomadaire” ronéotypée. Ce support a été remplacé en 1926 par une “Feuille de Quinzaine”. 

Ce n’est qu’en 1928 que commence la publication des bulletins PARIS ROTARY dont nos archives, désormais numérisées, renferment tous les exemplaires, hormis l’année 1962/1963 que nous recherchons. On y retrouve les conférences prononcées au Club et aussi parfois d’amusantes caricatures de membres dont certains sont restés célèbres.

 Rotary Club de Paris pendant la deuxième guerre mondiale

Au début de la reprise des hostilités entre la France et l’Allemagne, ou “drôle de guerre”, le Club dont le siège était au Crillon se réunissait au Grand Hôtel, près de l’Opéra où nombre de membres, mobilisés, se rendaient en uniforme.

La percée allemande de juin 1940 n’a laissé que très peu de temps au secrétaire administratif du Club pour emporter dans l’exode les archives du Club.

Pendant l’occupation le Club, interdit par les allemands, se réunissait néanmoins clandestinement par petits groupes. Les réunions étaient itinérantes de restaurant en restaurant, emmenées par Edmond Chaix, éponyme et éditeur des guides gastronomiques et du célèbre horaire des chemins de fer. Un jour, à la Rotonde, Maurice Duperrey voit un officier allemand rôder l’air suspicieux autour des tables. Tous les participants s’attendent à être arrêtés. Maurice Duperrey se lève alors et va au devant du militaire. Il s’agissait d’un officier chargé de la surveillance des usines Renault, il était lui-même …Rotarien.

Une autre fois, pour cause de travaux, des officiers allemands privés de leur salle de déjeuner choisirent pour cantine celle où se réunissait clandestinement le Rotary. Le Club se sédentarisa alors au même endroit car à travers le paravent qui  séparait les tables occupées par les allemands de celles occupées par les Rotariens, on pouvait entendre Radio-Londres que les allemands espionnaient en déjeunant. Chacun, tendant l’oreille pour capter ce qu’écoutait l’autre, apprenait ainsi au moment de passer à table que les carottes étaient cuites et que les violons avaient des sanglots longs.

 Rotary Club de Paris après la guerre

Dès 1945 le club reprit ses activités et la publication de son bulletin. On déplora des morts et des disparus en déportation parmi les membres entrés au club avant la guerre. D’autres revenaient auréolés de la gloire d’avoir résisté ou participé aux combats pour la victoire. Le Club n’échappa pas à la création d’un comité d’épuration.

Le professeur de droit public René Cassin, ardent militant pacifiste était entré au Club en 1931.   

De retour de Londres où il avait rejoint le Général de Gaulle, il a écrit l’acte constitutif de la France Libre avant de participer, après le procès de Nuremberg, à la rédaction de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948. Sa participation à l’édification de ces institutions lui valut le prix Nobel de la paix, la présidence de ce qui allait devenir le Conseil Constitutionnel de la Vème République et la présidence de la Cour Européenne des Droits de l’Homme, outre la Vice-présidence du Conseil d’Etat.

× Progressive Web App | Add to Homescreen

To install this Web App in your iPhone/iPad press icon. Progressive Web App | Share Button And then Add to Home Screen.

Offline